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mercredi 17 février 2010

L'argent du grand emprunt en faveur de l'innovation

J'ai beaucoup aimé cet article paru dans les Echos le 16/02/10. Saluant l'effort qui sera fait en matière d'investissements en faveur de l'innovation, Pierre Tapie pointe du doigt la vision "trop" française de l'innovation, à savoir une innovation tournée essentiellement vers les sciences et la technologie. Il exhorte donc les politiques publiques à ouvrir plus largement le thème de l'innovation à l'innovation de services mais aussi - pourrait-on ajouter - d'usages.

"Pour que l'argent du grand emprunt profite vraiment à l'innovation

PIERRE TAPIE EST DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'ESSEC, PRÉSIDENT DE LA CONFÉRENCE DES GRANDES ÉCOLES.

Jamais un gouvernement n'a autant fait pour l'enseignement supérieur et la recherche en quelques années : bravo ! Le grand emprunt veut accélérer la croissance par des investissements à fort levier : bravo ! Ces décisions prises, on peut réfléchir à la meilleure efficacité de la dépense publique.

Dans la partie « valorisation » du grand emprunt, le gouvernement veut « accélérer la professionnalisation du dispositif français de valorisation de la recherche publique, qui n'est pas toujours à même de concrétiser ses résultats… » ; il s'agit d'accélérer l'innovation et sa création de richesses.

L'action 4 est ainsi gratifiée de 3,5 milliards d'euros. Un milliard où, « pour une part majoritaire, il s'agira de financer des participations dans 5 ou 6 sociétés de valorisation » ; 0,5 milliard destiné à renforcer les instituts Carnot ; 2 milliards pour « la constitution de campus d'innovation technologique de dimension mondiale par la création d'un petit nombre d'instituts de recherche technologique ».

Entre l'objectif du gouvernement, que la Conférence des grandes écoles partage entièrement, et ces formulations, il nous semble que quatre hypothèses implicites vont diminuer l'impact de ces mesures.

· Il est erroné de penser la création de valeur économique à partir d'un schéma déductif du type « les sciences induisent de la technologie qui induit de l'innovation ». La plupart des innovations économiques viennent d'un assemblage de technologies existantes ou émergentes, sous des formes originales créant quelque chose de nouveau pour le client. 5 % de la valeur créée dans la Silicon Valley vient de la recherche de Stanford. Pourtant, le schéma « technology push » imprègne la philosophie du grand emprunt, par opposition au « market pull ».

· Il n'est pas sûr que la taille ferait l'innovation : 5 ou 6 sociétés de valorisation territoriales se partageraient 1 milliard d'euros, soit 200 millions de capital par société. Pourquoi, sauf dans des technologies à très haute intensité capitalistique, 5 fois 200 serait plus efficace que 20 fois 50, voire 50 fois 20 ? Il n'y aurait pas 20 territoires en France capables de créer des lieux d'innovation ? Combien de lieux dont les opportunités seront perdues, alors que, par définition, la vraie innovation naît de manière assez aléatoire ? Pour l'innovation, « quick is beautiful » ; non pas « big ».

· 70 % de l'économie française provient des services. Il y a des innovations majeures à y réaliser. Alors pourquoi penser « campus d'innovation technologique », et non « campus innovant » ? En serions-nous encore au seul temps de la fierté nationale pour le Concorde, alors que la France a créé des leaders mondiaux des services ?

· Certes, l'innovation prend souvent naissance dans des clusters localisés qui rassemblent cerveaux, conditions agréables et capital-risqueurs, créant un tissu conjonctif innovant. Mais, quand l'immatériel constitue une large part de l'innovation, la concentration géographique doit-elle constituer une contrainte obligatoire ? Des réseaux puissants sur une thématique précise, dans la complémentarité d'une chaîne de valeur ajoutée, ne créeront-ils pas autant d'innovations et d'emplois ?

Enfin, ces mesures font un grand oubli : l'aide à la constitution de structures de capital d'amorçage, dont l'effet de levier est considérable, alors que les structures de capital-risque vont être durement touchées par les nouvelles règles prudentielles des banques et assurances. Nous suggérons donc de réserver une part de la ligne valorisation-innovation pour l'abondement, par des fonds publics, de structures de capital d'amorçage universitaire.

Le grand emprunt représente une intuition courageuse et nécessaire. Mais évitons, dans l'usage de la dépense publique, d'utiliser en 2010 pour 2020 les schémas d'organisation des Etats-Unis des années 1980 ou ceux d'une France qui se penserait d'abord industrielle. Nous aurions simplement, une fois de plus, trente ans de retard.

Pour innover aujourd'hui, il faut des gouvernances légères de structures qui donnent envie de travailler ensemble ; les créatifs et innovants sont toujours très mobiles dans leurs têtes."

Source : Les Echos

mardi 9 février 2010

Design Thinking - L'Oncle Sam a tout compris

J'accorde une grande partie de mon temps à expliquer à mes amis, à mes clients et mes relations professionnelles ce qu'est le design et le design thinking. Je n'invente rien. Mon discours est basé sur mon expérience professionnelle mais aussi sur les travaux de prédécesseurs qui ont œuvré avant moi à faire reconnaitre le design comme un instrument puissant d'innovation et de croissance des entreprises. En France, nous en sommes encore à l'âge de pierre (mais les choses semblent évoluer dans le bon sens). Alors tournons nous vers l'oncle Sam et Tim Brown de IDEO pour nous donner une vision claire et limpide du lien entre le design et l'innovation. Enjoy !

mardi 25 août 2009

Un livre...à ne pas lire

Le livre dont tout le monde parle en ce moment, c'est "Objets bavards" de Bruce Sterling. A la lecture de cet ouvrage, Neovenz vous livre sa critique (pas très tendre).

Une pelote de laine

Il est vrai qu'il n'est pas évident de démêler cette pelote d'idées et de concepts, mêlant approche de l'innovation, marketing, design, créativité et mélangeant les définitions. Le vocabulaire est difficilement saisissable, les tournures de phrases sont complexes. Nous sommes dans un essai philosophique raté, plus que dans un livre d'anticipation. Trop complexe pour le néophyte souhaitant s'intéresser à l'innovation et pas assez professionnel pour les innovateurs avérés, ce livre ne trouve pas son public. C'est dommage, car l'essai est louable : celui d'imaginer le futur des objets et de donner une place prépondérante aux designers dans cette aventure.

A lumière de...

On vous conseillera plutôt la lecture de "Nouvelles Technologies, nouvelles pensées ?" de Jean-Michel Cornu pour ceux qui souhaitent décoder les changements futurs apportés par les technologies de demain, de "Ocean Blue Strategy" de W. Chan Kim et Renée Mauborgne pour les néophytes de l'innovation ou encore "A fine line : How Design Strategies Are Shaping the Future of Business" de Hartmut Esslinger.

jeudi 20 août 2009

Violet en redressement judiciaire


Ça commence à se savoir, Violet est en redressement judiciaire depuis le 30 juin 2009 (source : societe.com)

La société Violet, connue pour avoir créé et commercialisé les Nabaztag (les lapins parlants connectés), mais aussi pour avoir plus récemment concrétisé plusieurs projets en commun avec Iliad (le répondeur Freebox sur les Nabaztag ainsi que le contrôle parental à base de RFID), a été placée en redressement judiciaire.

Malgré ce succès, les comptes de Violet ne suivent pas. Employant quinze salariés, le chiffre d’affaires de la jeune pousse n’a cessé de dégringoler, passant de 3,17 millions d’euros à la fin 2007 à 2,2 millions d’euros en 2008.

D’après un appel d’offres de reprise en redressement judiciaire, publié notamment dans le quotidien Les Echos, Violet serait à la recherche d’un ou plusieurs repreneurs pour sauver sa peau. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 4 septembre prochain pour soumettre leur candidature. Si aucun chevalier blanc ne fait son apparition, Violet pourrait être placé en liquidation judiciaire.


Source : itespresso.fr ; freenews.fr

De la fibre en béton

Voici un concept plutôt intéressant d'intégration de fibres optiques dans du béton. Nous connaissions déjà ce procédé mais à des fins toute différente. Rendre lumineux les murs d'une pièce sans fenêtre en détournant la lumière du jour grâce à un réseau de fibre optique. A mi-chemin entre technologie, poésie et innovation, Neovenz adhère.